Le « crowdfunding » : Impact sur la croissance économique

Depuis quelque année, l’industrie du financement participatif ne cesse de grandir avec des perspectives de plus en plus intéressantes pour l’économie mondiale, pour les start-up et les PME.

La démocratisation d’internet et la numérisation des activités financières ont ouvert la porte à de nouvelles opportunités communautaires et collaboratives. Cette situation à favoriser l’entraide entre les particuliers par le biais d’investissements solidaires ou par la mutualisation des idées et des compétences au profit de projets collectifs.

Le financement participatif ou « crowdfunding » est un nouveau mode de financement s’inscrivant dans le sillage de l’économie collaborative et solidaire. Il représente une véritable alternative au financement traditionnel. Par ce mécanisme, les internautes peuvent financer des projets portés par des particuliers ou des entreprises, par l’intermédiaire d’un plateforme internet. Le financement participatif permet ainsi de collecter des fonds pour soutenir des projets les plus variés. Il peut revêtir différentes formes. Il peut s’agir notamment de :

  • Don, avec ou sans contrepartie,
  • Prêt (crowdlending), rémunéré ou non,
  • Souscription des titres financiers (crowdequity) émis par une société non cotée en bourse (PME, start-up…).

La diversité de ses modes de financement fait du crowdfunding un outil de financement adapté à tous types de projets.

Impact de crowdfunding sur l’économie mondiale

Depuis son avènement, le financement participatif ou « crowdfunding » connaît une croissance exponentielle à l’échelle mondiale. Entre 2013 et 2014, les montants levés par ce mécanisme sont passés de 6,1 à 16,2 milliards de dollars américain soit une augmentation de 167%. En 2015, les montants levés étaient de l’ordre de 34,4 milliards de dollars américain soit plus du double par rapport à 2014. Au rythme de son développement actuel, le crowdfunding pourrait dépasser les 500 milliards de dollars américain en 2020.

Une étude de la Banque Mondiale révèle que le crowdfunding pourrait représenter un potentiel de 93 milliards de dollars américain par an à horizon de 2025 pour les pays en développement. Pour la région Moyen Orient et Afrique du Nord, ce potentiel est estimé à 5,6 milliards de dollars américain par an à horizon de 2025. Le crowdfunding devient donc une source de financement incontournable dans les pays où il se développe.

Une source de financement remarquable pour les Start-up et les PME

En Afrique, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) contribuent à environ 30% dans formation du Produit Intérieur Brut (PIB). Cela représente une contribution de près 40% à la création d’emplois. Cependant, les PME ont d’énormes difficultés pour accéder au financement par les moyens traditionnels tel que le crédit bancaire.

En effet, les banques et les établissements financiers n’ont pas en principe pour vocation de financer l’amorçage des entreprises fraîchement créées, car elles considèrent que le risque lié à leurs activités est beaucoup trop élevé. Dans un tel contexte, le financement participatif est une alternative efficace pour financer ce potentiel de création de richesse que représente les PME. C’est un mode de financement simple, peu coûteux et accessible à tout type d’entreprise, existante ou naissante. Ainsi, à l’heure où les banques demeurent réticentes à accorder des crédits, le crowdfunding pourrait devenir le vecteur d’un nouveau modèle de croissance économique en Afrique. En fait, ce mécanisme permet de financer des projets exclus des circuits de financement classiques (projets artistiques, sociaux, prototypage, etc.).

  A ce jour, l’Afrique compte plus de 57 plateformes de financement participatif qui ont mobilisé en 2015 plus de 32,3 millions de dollars américain soit 16,1 milliard de francs CFA représentant environ 0,10% de l’activité du crowdfunding mondiale. Au-delà de l’aspect purement financier, le financement participatif permet aux porteurs de projets de tester leur idée auprès d’une communauté d’investisseurs potentiels, qui pourront par la suite constituer une base de clientèle potentielle et à priori fidèle. Cette phase de test peut donner lieu à une véritable démarche itérative, qui renforce la valeur ajoutée culturelle, économique ou sociale de l’idée originale. En outre, le financement participatif est un puissant vecteur d’innovation qui permet aux entrepreneurs de proposer des services innovants en créant leur entreprise et des emplois.

L’Afrique du sud est en tête du classement avec 30,8 millions de dollars américain, suivi de l’Egypte 842 000 dollars américain, puis le Nigeria 314 445 dollars américain. Ces fonds ont été utilisés pour financer des PME et des startups (17,7 millions de dollars américain) et des projets immobiliers (14,6 millions de dollars américain). Au total, ce sont plus de 4939 campagnes de financement participatif qui ont été lancées par les plateformes en Afrique en 2015. Ainsi, 67% des projets lancés à partir de ces plateformes ont pu recevoir des financements. Les levées des fonds effectuées par les plateformes Sud-Africaines et sénégalaises s’élèvent respectivement depuis leur création jusqu’en août 2019 à 220 millions dollars américain et 25,3 millions dollars américain. Ainsi l’Afrique du sud se positionne comme leader en Afrique.

En Côte d’Ivoire, le crowdfunding demeure marginal par rapport autres sources de financement traditionnels. Cependant, quelque plateforme à l’image de InvestirEnsemble.ci tente de se développer dans une industrie en plein essor au plan international, avec un marché de niche à fort potentiel de croissance.

Par Venance Konan KOUADIO de Béoumi

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